Petits producteurs
La libéralisation des marchés des pays du Sud dans les années 1980, conjuguée à la dérégulation des échanges internationaux sur le café, a eu des effets directs et durables sur la vie de millions de petits producteurs.
La libéralisation des marchés des pays du Sud dans les années 1980, conjuguée à la dérégulation des échanges internationaux sur le café, a eu des effets directs et durables sur la vie de millions de petits producteurs. Soumis à la désorganisation des circuits marchands dont l’État avait précédemment la charge, obligés de vendre leur production à de nouveaux intermédiaires souvent peu scrupuleux, ces petits producteurs se sont retrouvés en situation de précarité : pauvreté économique, développement de cultures illicites, abandon des plantations, exode, restriction de l’accès à la santé et à l’éducation pour leur famille.
Dans les années 1980, un Hollandais, le père Francisco Van der Hoff, docteur en économie politique et en théologie, missionnaire auprès des Indiens du Sud mexicain, envisagea de modifier les conditions du marché, en offrant à ces petits producteurs un prix non seulement plus élevé que celui de la Bourse mais garanti. Ses moyens ? Un café un peu plus cher pour le consommateur, une commercialisation via des circuits modernes de distribution afin de l'optimiser, ainsi qu'un label garantissant la démarche et permettant au café d'être reconnaissable. Ce sera le héros Max Havelaar, né sous la plume de l’écrivain néerlandais Dekker et symbole au xixe siècle de la dénonciation du sort réservé aux indigènes dans les colonies, qu’il choisira pour son label. En Hollande, terrain d’expérimentation de la démarche du père Francisco Van der Hoff en 1988, le succès auprès des consommateurs est immédiat. Au cours des années suivantes, le concept est étendu à de nouvelles filières (cacao, thé, banane…) et gagne progressivement les autres pays européens et anglo-saxons, dont la France en 1992.
Dans les pays producteurs, 630 organisations de producteurs sont certifiées Max Havelaar, ce qui représente 1,5 million de producteurs ou de travailleurs bénéficiant directement des effets du commerce équitable Max Havelaar, soit près de 8 millions de personnes avec leur famille.
Dès la fin des années 1980, Malongo s’est engagé auprès du Padre van der Hoff (fondateur du label Max Havelaar) pour soutenir les petits producteurs de café. Cet engagement a depuis pris des formes différentes : mise sur le marché de cafés pré-dosés, campagne de publicité, organisation de conférences et de colloques.
Proposer une gamme toujours plus étendue de produits et contribuer à une meilleure connaissance de ce nouveau modèle économique, telle est donc la volonté de Malongo.
Elle est aussi le premier intervenant français des cafés issus du commerce équitable et de l’agriculture biologique. Malongo torréfie annuellement près de 70 origines de café vert en provenance des meilleures plantations. Toutes les qualités de café vert recherchées par Malongo justifient un différentiel de prix par rapport aux qualités conventionnelles cotées en Bourse. Les plantations sous ombrage, situées en altitude (1 500 mètres) et dont les récoltes sont effectuées à la main, en plusieurs passages, répondent à la demande de l’entreprise. Les plantations des petits producteurs labellisés Max Havelaar s’inscrivent donc pleinement dans cette demande.
SUR LE TERRAIN
Faire du commerce équitable ne signifie pas seulement garantir un prix d’achat aux petits producteurs mais aussi s’engager directement auprès d’eux pour les aider à mieux cultiver le café. C’est donc se rendre sur place, de la façon régulière, en restant attentifs à leurs demandes, mais aussi au contexte politique et économique dans lequel ils vivent. C’est enfin les aider à s’équiper d’infrastructures qui leur permettent de survivre avec leur famille dans les zones de plantations.
Malongo a développé des liens privilégiés avec de nombreuses plantations et coopératives (Mexique, Haïti, Congo, Guadeloupe, Laos, Nouvelle-Calédonie, Zimbabwe). Ces liens sont contractuels, basés sur une relation à long terme, et intègrent de nombreux partenariats dans différents domaines (formation, santé, art, tourisme…). Avec les coopératives de petits producteurs, les efforts de Malongo sont prioritairement tournés sur la formation en vue d’améliorer la productivité et la qualité ainsi que sur la diversification économique.
Uciri : 15 ans de partenariat
Cette communauté située dans les montagnes à l'ouest du Chiapas, au Mexique, ressemble 2500 petits producteurs et 55 communautés indiennes différentes. Les plantations d’arabica se trouvent à 1500 mètres d’altitude et sont cultivées selon les normes biologiques. Les revenus générés par le commerce équitable ont permis la création de deux lignes de bus, d’un centre de soin, d’une banque, d’une école d’agriculture biologique. Ils ont aussi permis à la communauté d’investir dans des projets de diversification économique afin de prévenir l’exode rural.
Si Malongo a choisi d’établir d’étroits liens avec la Coopérative d’Uciri, c’est pour la qualité de son café et sa démarche concrète de développement durable. C’est aussi pour la qualité de ses relations avec le Padre van der Hoff qui, bien que fondateur du commerce équitable et du label Max Havelaar, continue à vivre sur place auprès des petits producteurs.
Haïti : solidarité d’entreprise
Depuis plusieurs années Haïti souffre d’une situation économique et politique catastrophique. Ce pays, considéré par l’ONU comme faisant partie des moins avancés, est exsangue. Pourtant Haïti, pourrait produire un café de très grande qualité et pourrait devenir un pays producteur important.
Par ailleurs, sa population, composée à 50% de jeunes de moins de 15 ans est soumise à un fort taux de chômage. C’est sur ces deux axes que Malongo s’est lancé: relance de la culture du café, aide au développement de programmes sanitaires et sociaux.
> En savoir plus sur les actions menées à Haïti
Au Zimbabwe : commerce éthique
La plantation Farfell produit un café d’excellente qualité, très singulier notamment par son acidité. Cette plantation est aussi exposée aux menaces d’expropriation faites par l’Etat, à des exactions militaires ponctuelles et à des difficultés financières liées à une inflation galopante.
Pour qu’elle ne disparaisse pas, Malongo s’est engagé dans un partenariat à long terme avec elle qui repose, d’une part, sur l’application, pour l’achat du café, des conditions du commerce équitable, et d’autre part, un programme d’assistance social et médical à destination des ouvriers de la plantation et de leurs enfants.




